lundi 16 avril 2012

La dessinatrice Willis from Tunis prix Daumier 2012

Sources: Fait d'images et Paris Match.

Photo: Vincent Capman pour Paris Match.
Ouest France nous apprend que la dessinatrice Willis from Tunis, s’est vue décerner le prix Daumier, le 14 avril 2012 à Caen. Une distinction remise par Plantu dans le cadre des 2e Rencontres internationales du dessin de presse organisées au Mémorial de Caen, avec les dessinateurs de l’association Cartooning For Peace. Willis from Tunis s’est fait connaître pendant la révolution tunisienne : elle dessinait son chat, Willis, sur les murs blancs de la capitale. En diffusant ses dessins via Facebook, elle a acquis une véritable notoriété.
La dessinatrice qui en France collabore à Siné mensuel explique l’origine de son pseudonyme sur le site Graphikisland.com :

« Au départ, j’ai choisit le nom de Willis from Tunis parce que mon chat s’appelle Willis et que je partageais mes dessins qu’avec mon entourage direct qui me connaissaient. Nous étions une trentaine d’amis sur le profil facebook mais le succès de Willis a pris des proportions que je ne pouvais imaginer (jusqu’à 5600 amis aujourd’hui). J’ai gardé l’anonymat dans un premier temps puis je suis passée à l’émission de Nessim Bouslama pour faire en quelque sorte mon « coming out ». Je m’appelle Nadia Khiari, je suis peintre et dessinatrice, j’enseigne également aux beaux arts de Tunis et je m’occupe de la galerie Artyshow. »

Pour en savoir plus sur cet auteure, un article de Benjamin Locoge dans Paris Match en 2011 à l’occasion de la parution de son livre autoédité:



Nadia Khiari: son chat sort ses griffes

Elle est le modèle parfait de l’importance de Facebook dans la révolution. Nadia Khiari, enseignante aux Beaux-Arts de Tunis, est consternée le 13 janvier par le discours de Ben Ali. Cette fan de BD (plutôt Druillet que Hergé) dessine alors un chat, le sien, et lui fait commenter l’actualité. Ses proches se tordent de rire, la poussent à créer une page sur le site communautaire pour partager ses dessins. « Au bout d’une semaine, j’avais 900 amis, les gens réagissaient et Willis from Tunis devenait un personnage de la révolution. »

Dans les premières semaines, Nadia cache son identité, par habitude d’abord, puis pour laisser Willis from Tunis vivre sa vie. « Mes dessins étaient appréciés mais aussi critiqués. Et si un jour je ne publiais pas, les gens s’inquiétaient. » Ironiques et ­directs, ses gags se moquent de l’ancien régime, des révolutionnaires et des femmes qui vont manifester et en profitent pour faire les soldes. « J’ai vécu quelques années en France. J’ai choisi de revenir dans mon pays, malgré Ben Ali, parce que c’était trop compliqué à Bordeaux. J’ai eu droit aux humiliations racistes, qui finissent par lasser. »

Nadia a publié à compte d’auteur « Chroniques de la ­révolution », le recueil des aventures de Willis from Tunis. ­Tirée d’abord à 5 000 exemplaires et distribuée dans quelques librairies seulement, la bande dessinée s’est vite ­arrachée. « Lors de la première séance de dédicaces, j’ai ­révélé que j’étais une femme. Certains ont été très surpris. » Nadia compte tout faire pour éviter « que les barbus tirent à leur profit la révolution. On les voit s’agiter en ce moment, tenter de fermer des bordels ou prier avenue Bourguiba. Mais ce n’est que pour faire peur. J’espère que nous ne ­reviendrons pas en arrière ! ».

« Chroniques de la révolution », de Nadia Khiari, à compte d’auteur.


Son album « Chroniques de la révolution » a aussi été édité en mars 2012 (couverture en illustration) par La Découverte dans la collection Zones, avec une préface de Siné. On peut en lire quelques pages sur le site de l’éditeur.

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