jeudi 3 août 2017

Les caricaturistes québécois (1): Robert LaPalme

Pierre Elliott Trudeau, 1983

Robert LaPalme (1908-1997) est certainement celui qui a donné au dessin éditorial québécois ses lettres de noblesse. 

De son vrai nom Joseph-Anatole-Thomas-Robert Gaboriau, il est né le 14 avril 1908 à Montréal.

Ses premières publications verront le jour en 1933 dans l'Almanach de la langue française, avec des caricatures de personnages politiques, ce qui lui apportera une certaine notoriété dans le monde de l'art contemporain. 

En 1934, Olivar Asselin lui offre son premier emploi stable en tant qu'illustrateur au sein du quotidien L'Ordre

Joseph Staline, L'Ordre, 1934

Ses dessins, en première page du journal, viseront à la fois les personnalités politiques, littéraires, culturelles et sportives.

En 1935, LaPalme part avec sa femme s'installer à New York pendant 2 ans, pour tenter une carrière internationale. 

Lorsqu'il rentre au Canada en 1937, il sera le caricaturiste du journal Le Droit à Ottawa.

Grand ami de l'auteur dramatique Gratien Gélinas, il collabora à la revue théâtrale Les Fridolinadesprésentée à neuf reprises entre 1938 et 1946.



De 1943 à 1959, il est le caricaturiste politique officiel du journal Le Devoir, où il s'en prendra notamment au premier ministre Maurice Duplessis. 

Il recevra un prix au concours canadien de journalisme en 1952.


Au cours des années 1950, on le verra dans des émissions télévisées, animateur de Ma ligne maligne, avec son ami Normand Hudon.

En 1959, il quitte Le Devoir pour entrer au journal La Presse, où il ne restera que deux ans, avant d'aller travailler au Nouveau Journal jusqu'à sa fermeture en 1962.

Non content d'une carrière remarquable de dessinateur de presse, Robert LaPalme lance en 1963 un Salon de la caricature qui deviendra, à compter de 1968, le Salon international de la caricature de Montréal.

Cette manifestation, qui devrait l'occuper durant 26 ans, établit celle qui était encore la métropole du Canada comme capitale internationale du dessin humoristique.



Plusieurs l'ignorent, mais le logo du Salon fut inspiré du dessin "Le roi des Auxcriniers" de Victor Hugo.


Il devait terminer sa carrière de dessinateur à la fin des années 80 en illustrant les couvertures de la deuxième mouture de la revue Cité libre.

Joe Clark, Confaitdesrations, Cité libre, juillet-août 1992

Lucien Bouchard, Con-patriote, novembre 1992

Charles Dutoit, 1994.

Et voici une des toiles dont il était le plus fier:

Golda Meir, circa 1980


Il n'existe malheureusement que deux collections de ses dessins publiées de son vivant.

Les vingt premières années du caricaturiste canadien LaPalme, Cercle du livre de France, 1950.

Norris / LaPalme, Archives nationales du Canada, 1990.

Il avait,, par contre, complété un recueil d’entretiens avec Jean-François Nadeau intitulé La Palme, la caricature et autres sujets sérieux.



Le livre a été publié aux Éditions de l’Hexagone en 1997.

On y retrouve, entre autres, cette superbe caricature signée Serge Chapleau:


Robert LaPalme est décédé le 19 juin 1997.

***

J'ai eu le plaisir de le côtoyer à plusieurs occasions et d'être membre du jury du 24e Salon international de la caricature de Montréal en 1987.

Le jury du Salon: Bado, Jerry Robinson, Rinaldo Traini, Hans-Georg Rauch et Henri Barras, directeur artistique de la Place des arts.


Robert LaPalme recevant de mes mains une médaille du caricaturiste Ronald Searle à l'occasion du congrès 1991 de l'Association canadienne des dessinateurs canadiens qui avait lieu à Montréal.



Jose Guadaloupe Posada, Ronald Searle, La monnaie de Paris.

En 2006, l'organisme 1001 Visages décerne un Prix annuel nommé Prix Robert-LaPalme en son honneur. 

Le prix m'échut en 2007 et je reçus une plaque de même qu'un original de LaPalme comme récompense.

L'honorable Hormidas Bélisle sans portefeuille.

AJOUTS

« Robert LaPalme » sur Wikipedia.
« Robert LaPalme, caricaturiste », un article de Robert Lafontaine.

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