dimanche 5 novembre 2017

Anthologie Kroll

Sur le site des Arènes.



"C'est très drôle : et d'ailleurs c'est belge !" c'est le titre de l'anthologie de dessins de Kroll (1000) que publieront le 8 novembre les éditions Les Arènes.

Dessinateur du quotidien Le Soir il s'était vu attribuer en février le grand prix Press Cartoon Belgium 2017 pour ce dessin paru en août 2016.


Après le Canard Enchainé, Tout Cabu et Le XXe siècle en 2000 dessins de presse le dernier né des beaux livres de dessins de presse aux Arènes : Un géant de l'humour. 
Les Arènes éditent cette fois-ci le meilleur du plus renommé des dessinateurs de presse belge. 
L'occasion pour le lecteur de se délecter de l'humour décalé propre au Plat Pays, de se remémorer joyeusement les trente dernières années d'actualité et d'apprécier le recul d'un commentateur avisé de notre politique hexagonale. 
Le lancement en France d'un géant de l'humour belge. Incontournable, une fois !


C'est très drôle : et d'ailleurs c'est belge !
Pierre Kroll
Les Arènes
400 pages
35 €
ISBN: 9782352046677 


AJOUT

«Pierre Kroll pointe sa mine en France» sur le site Ciné-Télé-Revue.


Entretien avec Jean-Jacques Lecocq

Il y aura du poids sous le sapin de Noël avec « Et c’est normal, tout ça ? » et « C’est très drôle et d’ailleurs c’est belge ! », une sélection de vos meilleurs dessins. Vous attaquez le marché français ?

L’idée ne vient pas de moi. La question de me publier en France revenait souvent, sans aboutir ni me tracasser. Je dessine sur l’actualité belge, c’est normal que ça n’intéresse pas au dehors de nos frontières. 

Mais j’ai été séduit par la proposition des Arènes, un éditeur français qui publie de la BD, mais aussi des beaux livres. Il a eu envie de montrer aux Français mon travail depuis trente ans, pas de lancer ma carrière là-bas. 
Je leur ai d’ailleurs dit qu’ils voulaient éditer un livre d’hommage « comme si j’étais mort ». Si je meurs, c’est parfait, la compile est déjà prête !

Comment s’est opérée la sélection ?

J’avais un droit de veto et j’avais mes indispensables, sinon, j’ai laissé faire. Le critère était : il faut que ce soit drôle et que le dessin ait une patte. C’est Ariane, mon assistante, qui a choisi ses coups de cœur parmi 20 000 dessins qu’elle a archivés. 

Le graphiste, très artiste, a ajouté son regard. C’est comme ça qu’on a parfois un dessin agrandi sur deux pages. En Belgique, les gens me connaissent tant qu’ils ne prêtent plus attention qu’au sujet traité, plus au dessin en lui-même. Ici, j’ai ce plaisir d’être regardé autrement, de voir mon travail de dessinateur mis en valeur.

Vous proposez une kyrielle de thèmes, comme les stars, les vacances, les présidents, la mort…

On a repris l’idée d’un abécédaire, pour que le lecteur s’y retrouve. Ça permet de créer un rythme, comme dans mes albums annuels, entre les gags bébêtes, légers et les dessins sur des thèmes plus durs. Avec, chaque fois, une petite introduction sur ma manière de dessiner ces éléments.

Quels sont les indispensables de Kroll ?

Le dessin sur l’humour belge, avec les Martiens qui regardent un tableau de Tintin et Milou intitulé « Ceci n’est pas Jacques Brel ». C’est mon plus gros tube, si vous voulez. 



Comme celui sur l’Union européenne avec, en 1957, six personnes autour d’une table qui demandent un café, et cinquante ans plus tard, vingt-huit qui passent des commandes dans tous les sens. Celui-là, il est même dans des livres scolaires au Danemark.



Vous n’avez pas hésité avant de reprendre aussi l’affaire Dutroux ?

On s’est posé la question. Mais l’album représente tout mon travail de dessinateur, donc aussi ce type de sujet. Ce qu’il y a le moins, forcément, c’est la royauté et la politique belge.

Pour ça, le lecteur achètera « Et c’est normal, tout ça ? ». La politique belge s’y retrouve aux côtés de Trump, Erdogan et de quelques dessins plus légers parus dans « Ciné-Télé-Revue »…

Oui ! Un album pas facile à faire, tant cette année a été morose. Trump, une fois qu’on s’est moqué de sa mèche, que faire encore ? Il faut aller plus loin et ça devient alors compliqué. Il est juste clivant, fait beaucoup réagir, mais sans faire avancer le débat. 

La politique belge, avec Publifin, c’était aussi complexe. C’est pour ça que j’ai inventé ce Martien qui se balade dans les pages, ébahi par ce qu’il découvre : il apporte lui aussi un peu de légèreté.

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