jeudi 28 avril 2022

« L’ami: portrait de Mix & Remix » en salle le 4 mai

 Sur le site de RTS.


Écrivain et dessinateur, Frédéric Pajak consacre un documentaire à son complice Philippe Becquelin, alias Mix & Remix

"L'ami" dresse le portrait intime du dessinateur bien connu des Romands, illustrateur de génie à l'humour grinçant, disparu en 2016.

Le sourire de nombreux Romands s'est figé le 19 décembre 2016, jour du décès de Philippe Becquelin

Les personnages à gros nez perdaient leur géniteur Mix & Remix.

Le dessinateur Frédéric Pajak, qui fut l'un de ses proches, lui consacre aujourd'hui un documentaire intitulé "L'ami, portrait de Mix & Remix", qui mêle à la fois les témoignages de ses amis et de sa famille et donne à voir de nombreux dessins à l'ironie toujours mordante.

À l'origine de ce film, plusieurs catalyseurs. 

"Le film était pour moi une évidence, a confié Frédéric Pajak jeudi dans La Matinale

Je savais qu'il fallait faire un documentaire sur lui mais je me suis surtout dit que l'on risquait de l'oublier. 

C'est ce qu'il y a de plus terrible avec les artistes ou les dessinateurs, surtout ceux d'actualité. 

On est dans une trépidation de tous les jours et puis les dessins passent. Mais ceux de Mix & Remix, pas forcément. 

Je le vois avec les élections françaises: il a beaucoup dessiné sur ce thème et ses dessins sont presque immortels."


Un stress permanent

Le film revient également sur l'enfance de Philippe Becquelin. 

Rien ne prédisposait le natif de à Saint-Maurice à devenir le dessinateur le plus célèbre de Suisse. Ses soeurs, sa famille, ses enfants, tous racontent de manière intime l'homme qu'il était et l'harmonie familiale qu'il avait réussi à créer. 

Le film exploite aussi de nombreux fonds d'archive, dont ceux de la Ville de Lausanne, mais aussi de la RTS et de son émission "Infrarouge".

Secret et insaisissable, le dessinateur était constamment sous pression. 

"Il s'est beaucoup plaint de son stress, rappelle Frédéric Pajak. 

C'était une sorte de machine qui roulait en lui, il était pris dans une sorte d'engrenage. Il faisait cinq dessins par jour, c'est énorme, il a réalisé des milliers de dessins au final. 

Beaucoup de ses images ont été faites dans une certaine angoisse, ce qui est paradoxal car les dessins sont drôles et nous détendent, mais lui, cela ne le détendait pas forcément."


Style minimaliste

Son style minimaliste, deux traits et un gros nez reconnaissables entre tous, est issu d'une certaine paresse, constate Frédéric Pajak. 

"C'est le paradoxe de Mix & Remix, car ils sont rares ceux qui travaillent autant que lui. Avec ce minimalisme, il a été obligé de travailler de plus en plus. 

Tout le monde lui demandait des dessins: pour un mariage, un anniversaire, une entreprise... Il ne savait pas dire non. (...) 

Son trait de caractère principal, c'était la spontanéité, le fait de pouvoir répondre à tout par l'humour."

Avant la mort de Philippe Becquelin, l'auteur du "Manifeste incertain" avait déjà évoqué avec lui l'idée de réaliser un film. 

"J'avais envie qu'on le voie en train de dessiner, de réfléchir à comment faire un dessin et interpréter une annonce d'actualité. Et comment faire de cet événement, qui en général est plutôt plombant, quelque chose de drôle et de communicatif. 

Il était d'accord, on se réjouissait de le faire mais finalement, le film a pris une tout autre forme."

Après le décès de son ami, Frédéric Pajak a écrit une sorte de "colonne vertébrale" puis trente entretiens ont été tournés avec ses proches et collègues pour nourrir le documentaire. 

"Il cloisonnait beaucoup et ne mélangeait pas ses groupes d'amis. J'ai été très surpris par cela et le film s'est fait grâce à ces témoignages, qui ont complètement changé le point de départ. 

J'en ai été le premier étonné. Et je crois que le film montre bien cette personnalité complexe, tendre et très attachante, mais qui peut être aussi très ironique".

Propos recueillis par David Berger

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