jeudi 5 novembre 2026

Le nouveau festival de la BD d’Angoulême

Sur le site de Télérama. 


Nommé Angoulême Bande dessinée, le festival, déjà doté d’un nouveau site internet, annonce de nombreuses différences avec le précédent et incontournable rendez-vous. 

Revue de détail avant sa première édition, programmée du 28 au 31 janvier 2027.

Le FIBD (Festival international de la bande dessinée) d’Angoulême est mort, place à l’ABD (Angoulême Bande dessinée). 

Derrière cette avalanche d’acronymes, une réalité : après un an d’absence, l’un des événements les plus en vue du monde des bulles est de retour dans la préfecture de Charente. 

Maintenant que l’ancien opérateur, 9ᵉ Art+, qui pilotait la manifestation depuis 2007, a été écarté et débouté de ses demandes en justice, les contours du nouvel événement ont été précisés lors d’une conférence de presse. 

Sous l’égide de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), qui regroupe représentants des pouvoirs publics et différents acteurs du secteur, les nouveaux organisateurs ont précisé leur feuille de route.

Employées par M:BD, filiale de la société de production Morgane (déjà à la tête des Francofolies de La Rochelle et du Printemps de Bourges), les codirectrices du nouveau festival, Céline Bagot et Marie Parisot, ont réaffirmé haut et fort leurs valeurs et leurs objectifs.

« Rassembler et célébrer », avec « une vision populaire, exigeante et inclusive » de la bande dessinée, tout en se mettant « au service de la profession et du public ».

Le festival proposera des expositions consacrées à: 

  • Anouk Ricard (Grand Prix 2025, et l’une des premières à boycotter l’édition 2026, que devait mener l’ancien organisateur du FIBD)
  • Ugo Bienvenu (Préférence système ou le film d’animation Arco), à Florence Dupré la Tour (Jeune et fauchée), 
  • au scénariste Xavier Dorison
  • Yoon-Sun Park (Le Club des chats)
  • une grande expo manga dont le nom sera révélé d’ici à quelques semaines. 
Très attaché aux productions du pays du Soleil Levant, le nouveau festival vient même de créer un bureau à Tokyo, pour être au plus près des acteurs du milieu. 

La programmation devrait aussi compter aussi quelques auteurs japonais.

Ce n’est pas tout : la Cité de la BD sera de la partie. 

Longtemps en bisbille, les deux entités opérent enfin un rapprochement stratégique. 

Présente dans les comités de sélection du festival, associée aux grandes orientations stratégiques, la Cité proposera plusieurs expositions dont « LGBTQomics » et « Thorgal, les vies d’un héros ». 

Des coproductions devraient rapidement voir le jour.


Les artistes rémunérés pour leur participation

Plus question de décerner des Fauves, depuis 2007 incarnés par une statuette dessinée par Lewis Trondheim ; les prix (dont les noms et formes seront dévoilés ultérieurement) sont désormais au nombre de neuf : 
  • jury
  • récit complet
  • patrimoine / matrimoine
  • révélation
  • séries 8-10 ans 
  • séries 11-14 ans
  • séries 15 ans et plus
  • fanzine 
  • microédition. 
Pour les attribuer, les jurés se baseront sur une sélection de titres resserrés, au nombre d’une quarantaine. 

France Télévisions continuera de remettre son prix, mais désormais en partenariat avec la Villa Médicis, où le ou les lauréats pourront séjourner en résidence.

Chaque récompense sera dotée financièrement et les artistes seront rémunérés pour leur présence aux rencontres, les séances de dédicaces et toute autre participation au festival. 

Contrairement au peu de cas que faisaient d’eux la direction précédente, créateurs et créatrices seront cette fois au centre des attentions. 

Ils pourront ainsi bénéficier d’aides et de formations juridiques pour faire valoir leurs droits et auront accès à plusieurs lieux de repos sécurisés, des refuges gérés par des équipes formées à la prévention et à la gestion des violences sexuelles et sexistes. 

Une demande souvent réaffirmée mais restée jusqu’alors lettre morte.

L’IA non plus n’a pas été oubliée ; très préoccupés par son caractère invasif, les organisateurs en proscrivent tout usage et promettent d’être particulièrement vigilants en la matière. 

Ambitieuse et prometteuse, campée sur des valeurs largement partagées dans le milieu de la bande dessinée, mais montée dans des délais très courts, cette première édition, si elle n’est pas tout à fait une ébauche, revendique de monter en puissance dans les années à venir. 

« On essaie des choses et on affinera par la suite, soyez indulgents ! » lance Céline Bagot. 

Nul doute qu’elle sera entendue.

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